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T h i e r r y B o n t r i d d e r |
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Blanche, 2009, 90x100x54cm. |
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Blanche, 2009, 90x100x54cm. |
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Rouge Ocean, 2008, 57x40x82cm. |
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Rouge Corallin, 2008, 68x65x54cm. |
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Rouge incandescent, 2009 61x50x49cm. |
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Rouge magma, 2009, 49x110x49cm. |
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Rouge rose 2009 46x124x47cm. |
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Destin bleu 2009 76x95x47cm. |
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Vert Turquoise, 2008, 42x75x68cm. |
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Bleu filament, 2008, 50x90x55cm. |
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Vert turquoise 2008 |
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Rouge Airelle, 2008, 65x60x50cm. |
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Rouge Airelle, 2008, 65x60x50cm. |
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Rouge fusion, 2009, 62x79x36cm. |
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Rouge fusion, 2009, 62x79x36cm. |
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Ombre Rouge, 2009 75x64x44cm. |
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De Toute les couleurs, 2009, 53x58x31cm. |
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Bleu Note, 2008, 68x107x43cm. |
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Gris, 2010. |
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Rouge, 2004. |
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Fil gris, 2004. |
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Avec l'aimable autorisation de Paul Louis, photographe. |
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Le verre prend son envol
Réduit à son usage, le verre - qu’il soit ballon, vase ou vitre - tire un parti des plus modestes de sa transparence. Le verre s’est intégré à l’arsenal des objets domestiques. On peut le casser sans regret, à condition d’en récolter les éclats, de peur qu’ils ne blessent. Il s’efface devant tout ce qu’il contient, au point d’en revêtir la couleur comme on endosse la livrée d’un maître. Dressé sur une nappe blanche, il invite les convives aux maladresses les plus grossières. On le renverse volontiers, comme par jeu, surtout quand l’ébriété inspire des gestes aveugles, favorisés par sa fragilité autant que par sa complaisance à se laisser traverser par le regard.
Imaginons ce verre qui, pour prendre son envol, se serait écartelé, ouvert jusqu’à la base au risque de perdre son assise, un verre lassé de la pénombre pénitentiaire des armoires, où, rangé côte à côte parmi des congénères silencieux, il attend de remplir son office. Imaginons un verre libéré des servitudes alimentaires, un verre assoiffé de ne rien contenir, un verre auquel le vide donnerait des ailes. En perdant toute contenance, il chercherait à tromper la pesanteur en lui opposant une légèreté empruntée au registre de la fantaisie, voire du phantasme.
Phantasme, en grec, désigne l’apparence d’un être en tant qu’elle joue sur la confusion de l’essence et de la substance, confusion qui est propre à l’apparaître. Un phénomène est un phantasme, une illusion probable, un fantôme qui, sans être nécessairement le fruit de notre imagination, nous pousse à vérifier sa réalité intrinsèque. Mais, comme nous appelons tous nos sens à la rescousse de notre vue abusée, le phénomène entraîne la totalité du monde sensible dans une suspicion généralisée — ce que soutient Platon dans le mythe de la caverne.
Nous ne voyons que des images, des ombres, des reflets. La surface qui les réfléchit est interne à l’oeil où ils se produisent comme extérieurs. La caverne imaginée par Platon est une machine optique où, comme dans l’oeil ou la profondeur virtuelle d’un miroir, les choses n’existent que dans la mesure où elles apparaissent dotées de cette extériorité qui, à nos yeux, est le seul critère subjectif de leur réalité.
Luc Richir | |